De 1900 à la fin de la seconde guerre mondiale

Le début du XXème siècle

1905 : Monseigneur Audollent, Directeur de l’établissement.
Les Ecoles Catholiques ne sont plus propriétaires de leurs terrains. Ils appartiendront à l’Assistance Publique pendant 30 ans.

1908 : Monseigneur Dibildos, Directeur de l’établissement

1914 – 1918 : Première Guerre mondiale
De nombreuses victimes parmi les anciens élèves de Bossuet : Un obus de camion allemand à longue portée tombe sur l’école le 15 juillet 1918.

1918 – 1920 : Antoine de Saint Exupéry est élève interne à l’Ecole Bossuet. Il prépare l’Ecole Navale au Lycée Saint Louis.

Les transformations de l’abbé Garand

1922 : Monseigneur Sudour, Directeur de l’établissement.
L’abbé Garand est directeur de la division de 3è. Il utilise la méthode d’éducation transmise par ses prédécesseurs depuis son fondateur, l’abbé Thenon et reprise de façon plus élaborée par Monseigneur Dibildos. Il la pratique puis la précisera par écrit dans La Méthode d’Education des Externats de Lycéens (Plon, 1945) :

« Le directeur de division n’est ni un professeur, ni un préfet, ni un aumônier, mais un directeur, c’est-à-dire, un guide qui éclaire, oriente, soutient et cela dans tous les domaines de la vie du garçon, le travail, la formation du caractère, la vie normale, la foi religieuse, les relations et les distractions, la vie de famille. » (p16.)

« Ce qui est important, ce n’est pas (d’abord) d’obtenir un ordre extérieur satisfaisant, d’imposer des idées, des attitudes que nous croyons bonnes, c’est que l’enfant donne son adhésion, celle de l’esprit et celle du cœur, à ce qu’on lui propose ; qu’il accepte toute obligation comme s’il se l’était proposée à lui-même…ce qui ne peut s’obtenir que dans un climat de confiance et d’amitié. » (p15)

Il lance la première troupe de scouts à l’école Bossuet en 1928. Il encourage la pratique des sports d’équipe à l’école Bossuet et accompagne lui-même, le jeudi après-midi, les équipes de football jusque sur l’ancien champ de course de la Courneuve puis sur les terrains de Sucy-en-Brie. Il installera des paniers portatifs de basket-ball à l’école et obtiendra des gardiens du jardin du Luxembourg que les élèves puissent les installer sur les terrains de jeux. Pièces de théâtre, ballets et orchestres sont montés par les élèves et leurs professeurs. A cette époque a lieu la grande fête annuelle de gymnastique de l’école, accompagnée de l’Harmonie de Saint Nicolas de Vaugirard.

1930 : L’abbé Garand, Directeur de l’établissement.
C’est autour des années 1930 que sont crées les classes maternelles par le Père Lefebvre alors Directeur de la Division Elémentaire pour tenter l’expérience de la Méthode Montessori.

1935 : L’école Bossuet redevient propriétaire du terrain et des ses locaux avec l’aide des parents d’élèves et des anciens élèves.

La Seconde Guerre Mondiale

1939 : L’école s’installe dans une grande propriété, à 50 à km au sud de Paris au Château de la Ferté-Alais avec les internes et les abbés non mobilisables.

1940 : Bossuet rouvre ses portes et vivra sous le régime de l’occupation allemande pendant quatre ans. Les divisions de lycéens sont doublées par des classes dites « intérieures », faites par des professeurs de l’école, à l’intérieur de l’école. C’était un service provisoirement rendu. L’expérience ne dura que quelques années. Les classes intérieures furent supprimées et Bossuet revient à sa formule propre d’Externat de Lycéens.

L’abbé Garand adopte une attitude prudente mais ferme à l’égard de l’autorité occupante. L’Ecole est dangereusement placée, très proche du Palais du Luxembourg occupé par l’Etat-major de l’armée de l’air allemande. Le maréchal Goering s’est parfois promené dans le jardin. A plusieurs reprises les Allemands viennent sur place visiter les locaux dans l’intention de réquisitionner les bâtiments comme ils l’ont faits au Lycée Montaigne occupé par les soldats allemands jusqu’en août 1944. En perçant une ouverture dans le mur, rue Guynemer, ils ont le projet de faire un parking pour leurs camions et véhicules de l’Etat-major. Devant les inconvénients pratiques mis en évidence par l’abbé Garand (vétusté dangereuse des bâtiments, locaux scolaires mal adaptés à d’autres fins…) le projet ne se fera pas !

L’abbé Garand doit désamorcer des incidents dangereux quotidiens : Des élèves tracent à la craie de grands « V » de la victoire, ornés à l’intérieur, de la croix de Lorraine, sur les camions allemands stationnés rue Guynemer ou autour du Luxembourg. D’autres collectionnent des insignes militaires, parfois des poignards d’aviateurs, en bref tout ce qu’ils trouvent accroché à leur hauteur et qu’ils découpent discrètement au rasoir dans les wagons bondés du métro ! Dès les premiers mois d’occupation, des élèves de Prépas rejoignent l’armée en Afrique du Nord. Des anciens élèves pourchassés par la Gestapo se réfugient à plusieurs reprises à l’école. Bossuet abrita, une nuit, un parachutiste anglais « de passage », et un jeune homme, porteur d’une mitraillette et de grenades, qui ne se sentaient plus en sécurité rue de Vaugirard. Un prêtre de Franche-Comté, ayant fuit son presbytère sous les balles de la gendarmerie allemande devint, sous un faux nom, avec de faux papiers, directeur de Division à Bossuet jusqu’à la fin de la guerre. Au moment de la Libération de Paris (août 1944), armé d’un fusil, il allait chaque nuit, faire le coup de feu avec les résistants, dans le quartier.