Vers l’enseignement personnalisé et communautaire

Après guerre et reconstruction

1950 : L’abbé Garand met tous ses soins à reconstituer une communauté de prêtres à l’école. Il est élu Supérieur Général des Externats de Lycéens.

1954-1962 : La guerre d’Algérie apporte son lot de pertes parmi les élèves de Bossuet.

1958 : L’école passe ses premiers contrats avec l’Etat.

Construction d’un grand bâtiment, perpendiculaire à la rue Guynemer et à la rue Madame, communiquant avec l’ancien bâtiment. Bossuet a dorénavant deux entrées, l’une Rue Guynemer et l’autre Rue Madame.

Le Petit Collège est sous la direction d’un prêtre extraordinaire, le Père Fèvre? éducateur clairvoyant, organisateur né. Les cérémonies et les fêtes restent dans les mémoires. Il était également Aumônier des Scouts ; vivant d’une foi profonde et éclairée qu’il a su communiquer (qui ne se souvient des matinées de Catéchisme et des « Lectures Spirituelles « du samedi matin !). Il a laissé un souvenir inoubliable chez tous ceux qui l’ont connu. Il a quitté Bossuet en 1976 après deux ans comme directeur de division de 6ème.

1966 : Célébration du centenaire de la fondation de l’école.

1968  : L’abbé Brossard, Directeur de l’établissement.
La compagnie des prêtres des Externats de Lycéens est supprimée par décision d’un Conseil de l’Archevêché de Paris (le 23.02.68).

1970 : La Commission de sécurité refuse son agrément pour les locaux trop vétustes de l’école, partie « Ancien Bâtiment ».
Il a fallu tout démolir. Pendant la démolition, tout a fonctionné. Le terrain vendu a permis la construction actuelle. Avant la démolition, le Petit Collège comprenait : une classe maternelle, deux classes de 11ème, de 10ème, trois classes de 9ème et de 8ème, quatre classes de 7ème parce que les parents voulaient avoir la certitude de l’entrée de leur fils à Montaigne et ultérieurement à Louis-Le-Grand.

Le passage sous contrat avec l’Etat

1972 : Direction de l’abbé Juignet, excellent administrateur de l’ensemble de l’établissement.
Le Petit Collège passe un contrat d’Association avec l’Etat.

1974 : Le « Petit Collège » devient « Ecole Primaire ».

La Direction Pédagogique du Petit Collège est assurée par le Père Di Falco, anciennement directeur pédagogique et aumônier des classes élémentaires de l’école Saint-Thomas d’Aquin à Paris. Les classes maternelles et le Cours Préparatoire utilisent les outils de la Pédagogie Montessori depuis longtemps. A partir du CE1, le Père Di Falco y ajoute un système de travail par « Ateliers » : français, mathématiques, peinture, menuiserie, lecture à « l’Agora » (bibliothèque et centre de documentation, plaque tournante de l’école).

L’après-midi, les élèves se retrouvent dans leurs classes respectives pour les activités dites « d’éveil » : histoire, géographie, sciences… Le système développe l’autonomie des enfants et tente de les responsabiliser davantage. Les enseignants sont plutôt recrutés dans les CEFP (Centres d’Etudes et de Formation Pédagogique) du Père Faure, mais s’adaptent à la pédagogie de l’établissement.

Le Père Di Falco introduit l’Enseignement Assisté par Ordinateur, ce qui est très novateur. Il accueille aussi une quinzaine d’enfants « sourds profonds », intégrés dans l’école grâce à des institutrices « interprètes » en langage gestuel. Le recrutement des classes primaires s’effectue différemment qu’auparavant car le Père Di Falco a beaucoup de relations dans le monde artistique du show bisness. Son projet pédagogique séduit ces familles recherchant une certaine non directivité, une école « de la liberté ». L’école accueille des élèves de toutes ou d’aucune confession. Les parents d’élèves sont très activement impliqués dans l’école et s’occupent de la catéchèse. Certaines classes ont de petits effectifs car ces innovations pédagogiques déroutent certaines familles du quartier.

1977 : L’Ecole devient « Ecole Expérimentale » vis-à-vis de l’Académie avec le soutien de l’Inspectrice de l’Education Nationale
Il y a 2 classes « enfantines » (Petits-Moyens et Grands), 1 CP, 1 CE1, 1 CE2, 2 CM1 et 2 CM2.

1982 : Direction académique assurée par Madame Corinne Le Roy, enseignante et animatrice de la bibliothèque depuis 1976.
Il y a 9 classes sous Contrat d’Association et l’école ouvre une section enfantine supplémentaire, la Moyenne Section.

1983 : Le Père Di Falco quitte l’établissement en cours d’année scolaire pour devenir Délégué général à Chrétien-Média, un organisme de communication ayant un mandat de l’épiscopat.

1984 : Martine Orlando, enseignante dans l’Ecole Montessori Sainte Agnès à Asnières (dirigée par Sr. Monique Le Gall) prend la Direction de l’école Primaire. Elle garde la structure « Ateliers » qu’elle pratiquait elle-même à Asnières et que les institutrices en place appréciaient. Les classes donnant sur la cour et la bibliothèque déménagent pour se regrouper dans l’aile droite de l’entrée rue Madame. La crainte d’une « normalisation » pédagogique et religieuse produit des conflits opposant les parents d’élèves et la direction. Cela fera baisser l’effectif déjà peu élevé en raison du statut d’école pilote et à la rentrée 1985, l’école ferme des classes. Il y a 130 élèves en tout.

Le Travail Personnalisé et Communautaire

1986 : Arrivée de Sr. Monique Le Gall comme Directrice qui, à cause des « turbulences » de l’école primaire, retrouve le Contrat Simple et reconstitue toute l’équipe pédagogique avec laquelle le Travail Personnalisé et Communautaire est installé et le système des ateliers supprimés.

La tutelle de l’Archevêché est rompue et passe à la DDEC. Le calme revenu, les élèves du quartier se réinscrivent… Deux classes sont ré ouvertes dont une restera hors contrat pendant deux ans.

Bossuet reçoit de nombreux stagiaires en plus de ceux de la formation initiale. Les classes participent à des sessions pédagogiques et à des colloques de l’A.I.R.A P (Association Internationale de Recherche et d’Animation Pédagogique), association d’inspiration Chrétienne, fondée par des enseignants en 1971 afin de promouvoir et développer la pédagogie du Travail Personnalisé et Communautaire initiée par Pierre Faure (1904-1988, jésuite), dans la lignée pédagogique de Edouard Séguin (1812-1880), Maria Montessori (1870-1952) et Hélène Lubienska de Lenval (1895-1972). Ces sessions ont l’originalité de montrer des classes pratiques avec les élèves de l’école qui reviennent pendant leurs congés travailler devant un public varié d’enseignants, de parents, d’étudiants et de chercheurs en pédagogie.

Monique Le Gall, a été collaboratrice du Père Faure et l’un des membres fondateurs de l’A.I.R.A P.